Outre la cellulose et la lignine, les arbres contiennent de petites quantités d’extraits tels que des acides gras, des acides résiniques et de la poix. Collectivement appelés huile de tall, ces matériaux sont des sous-produits du processus de fabrication de la pâte kraft. Lorsqu’ils réagissent avec l’hydroxyde de sodium, ils forment du savon d’huile de tall, qui est généralement séparé de la pâte et envoyé vers le système de récupération. S’il n’est pas collecté, ce savon est brûlé dans la chaudière de récupération pour son pouvoir calorifique.
Dans de nombreuses régions, les usines récupèrent et acidifient le savon d’huile de tall, créant ainsi une matière première précieuse. Les acides gras peuvent être convertis en diesel renouvelable, les résines sont utilisées à des fins industrielles spécialisées et la poix est brûlée pour produire de l’énergie. Historiquement, les usines canadiennes utilisaient l’huile de tall comme substitut au mazout dans les fours à chaux, mais l’intérêt pour ce produit a diminué avec la transition au gaz naturel, moins cher, et l’épidémie de dendroctone du pin en Colombie-Britannique. Aujourd’hui, les pressions économiques et les changements dans l’approvisionnement en fibres sont en train de remodeler l’industrie.
Les raffineries de pétrole s’intéressent désormais de plus en plus aux hydrocarbures liquides à faible intensité carbone. Même si les usines canadiennes n’atteignent pas les volumes des producteurs du sud-est des États-Unis, l’huile de tall représente une nouvelle source de revenus hors des marchés traditionnels de la pâte à papier. Les technologies de récupération du savon sont bien établies, mais le savon non géré peut s’accumuler dans les réservoirs de liqueur, entraînant de l’entartrage, des temps d’arrêt et des pics de charge dans les chaudières.
Les usines qui collectent ou ont collecté de l’huile de tall devraient envisager d’inventorier le savon produit afin d’évaluer si celui-ci constitue un problème ou une opportunité potentielle. La mise à jour périodique de ce bilan aide à orienter les décisions en matière de récupération et de conversion, en particulier lorsque la composition des fibres change. La dernière évaluation globale de l’industrie remontant à l’époque précédant l’invasion des dendroctones du pin, il est temps de réexaminer la capacité de production d’huile de tall au Canada. Cela permettra d’identifier les régions où la récupération d’huile de tall oil serait à nouveau viable et aidera les usines à transformer un défi de procédé en une opportunité de combustible vert.
FPInnovations teste actuellement une caméra infrarouge thermique pour aider à identifier le volume de savon accumulé dans les réservoirs de stockage de liqueur noire. Le savon a une conductivité thermique plus élevée que la liqueur noire, de sorte que lorsqu’il s’accumule, il produit une couche thermique intermédiaire qui est plus froide que la liqueur noire mais plus chaude que l’air au-dessus. Bien que les usines aient déjà utilisé des caméras portatives et fixes, il s’agit de la première application permettant une détection automatisée en continu. Cette technologie en est à sa deuxième phase d’essai dans les conditions réelles d’une usine membre. L’objectif de cet essai est de valider la méthodologie et de recueillir des données sur la durabilité et l’efficacité de cette approche. Si l’essai actuel est concluant, l’équipe du projet recherchera une deuxième usine pour tester cette technologie et les compagnies membres intéressées sont invitées à contacter l’équipe dès maintenant.
Pour plus d’informations, veuillez contacter Matthew Tomkins, chercheur principal, à matthew.tomkins@fpinnovations.ca.
Matthew posant avec le boîtier de jonction et la caméra. Réservoir de stockage de liqueur noire se trouve à l’arrière-plan.


